En 2024, les primes des contrats multirisques habitation ont augmenté de 7,2 % en France, atteignant en moyenne 299 euros hors taxes par an. Dans le même temps, les dégâts des eaux ont bondi de 18 % en fréquence, représentant désormais 44 % des sinistres déclarés. Avant de lancer un chantier chez soi, mieux vaut donc savoir exactement ce que son contrat couvre, et surtout ce qu’il exclut.
Pendant les travaux, la couverture n’est pas automatique
Beaucoup de propriétaires croient que leur assurance habitation les protège intégralement dès lors qu’un chantier démarre. C’est partiellement vrai. Pour des assurances habitation classiques, les garanties de base (incendie, dégâts des eaux, responsabilité civile) restent actives pendant les travaux légers, comme une pose de parquet ou un remplacement de robinetterie. Mais les dommages causés au logement lui-même durant le chantier, les bris de glace survenus en cours de travaux, ou encore les sinistres liés à des malfaçons ne sont pas couverts.
L’autre point souvent ignoré concerne l’obligation de déclaration. En vertu de l’article L.113-2 du Code des assurances, tout changement aggravant le risque assuré doit être signalé à l’assureur. Une extension, une surélévation, l’aménagement de combles en espace habitable : ces travaux doivent être déclarés, sous peine de voir une indemnisation refusée ou le contrat résilié. Après la fin des travaux, le délai légal pour informer son assureur est de 15 jours.
À l’inverse, les petits travaux décoratifs (peinture, revêtements de sol) ne nécessitent aucune déclaration.
Les garanties complémentaires à ne pas négliger
Pour les travaux importants, la MRH seule ne suffit pas. L’assurance dommages ouvrage (DO) est à souscrire par le particulier maître d’ouvrage : elle couvre les dommages relevant de la garantie décennale pendant dix ans après réception des travaux. Son coût représente généralement entre 1 % et 4 % du montant total TTC du chantier. Légalement obligatoire pour la construction neuve depuis la loi Spinetta de 1978, elle reste fortement conseillée pour les rénovations lourdes, même si son caractère obligatoire varie selon la nature des travaux.
Autre réflexe utile : toujours demander les attestations d’assurance à l’artisan avant de signer un devis. Un professionnel du bâtiment doit justifier d’une garantie décennale, d’une garantie biennale et d’une garantie de parfait achèvement. Sans ces documents, le propriétaire assume seul le risque financier en cas de malfaçon.
Quant aux travaux réalisés soi-même, le risque est réel : si un incendie survient à la suite de travaux électriques non conformes effectués par l’occupant, l’assureur est en droit de refuser toute indemnisation.
Vérifier sa couverture avant de commencer, déclarer les travaux qui le nécessitent, s’assurer que l’artisan est bien couvert : ces réflexes simples peuvent éviter des situations très coûteuses.

