Vous cherchez une bonne résolution pour 2020 ? Faites vos voyages d’affaires dans une voiture que vous pouvez déduire selon les règles qui entreront en vigueur le 1er janvier 2020. Souhaitez-vous dériver Cambio ou une autre solution de mobilité articulaire ? Trouvez les conseils d’un comptable ici !
La fiscalité automobile n’a rien d’un long fleuve tranquille. Un seul gramme de CO2 peut entraîner votre véhicule d’entreprise d’un côté ou de l’autre de la barrière, avec un impact immédiat sur votre porte-monnaie professionnel. Année après année, les règles se resserrent, et 2020 marque un nouveau virage : chaque voiture achetée ou prise en leasing depuis le 1er janvier entre dans la nasse d’une nouvelle formule de déduction.
Fini le temps des pourcentages fixes et des arrangements à la louche. Depuis cette année-là, une équation s’impose :
120 %, (0,5 % x coefficient x CO2/km)
Pour calculer le CO2/km, il suffit d’un regard sur le certificat d’immatriculation. Quant au fameux coefficient, il fluctue selon le carburant :
Voici les coefficients à appliquer selon la motorisation :
- diesel et hybrides diesel : coefficient de 1
- gaz naturel (dès 12 chevaux fiscaux) : coefficient de 0,90
- essence : coefficient de 0,95
Illustrons : si votre voiture essence indique 115 g de CO2/km, la déduction ne s’élève plus qu’à 66 %. Pour un diesel à 100 g/km, elle plafonne à 70 %, là où elle frôlait les 90 % autrefois. Ça change tout sur la facture, surtout à long terme.
Ce mode de calcul ne s’arrête pas à l’achat : il s’applique à chaque dépense liée à la voiture. L’entretien, le carburant, les accessoires : que ce soit pour les pneus neufs ou les tapis de sol, la formule tranche. Rien n’y échappe.
Dorénavant, toutes les sociétés sont concernées, qu’il s’agisse de véhicules récents ou d’occasion, tant qu’ils ont été mis en circulation après 2020. Pour les indépendants qui roulent encore avec une auto acquise avant le 1er janvier 2018, l’ancienne règle à paliers subsiste. Une soupape à ne pas négliger lorsqu’on envisage de renouveler sa flotte.
Investir dans un véhicule hybride ou électrique ?
Jusqu’en 2019, rouler électrique ouvrait la porte à une déduction majorée, 120 % sur l’achat ou la location. Depuis 2020, la donne a changé : le plafond recule à 100 % pour tout véhicule électrique rechargeable, mais aussi pour les vélos électriques et les infrastructures comme les bornes ou les parkings adaptés. Fin des privilèges fiscaux supplémentaires.
Côté hybrides rechargeables, le resserrement fiscal est au rendez-vous. Désormais, pour bénéficier d’un taux de déductibilité séduisant, deux critères doivent être réunis :
- la batterie doit offrir minimum 0,5 kWh par tranche de 100 kilos (avec conducteur de 75 kg inclus)
- les émissions de CO2 ne doivent pas dépasser 50 g/km
À défaut, la base de déduction s’aligne sur le modèle thermique équivalent, même si le véhicule roule principalement à l’électrique. Cette nuance technique peut bousculer vos plans lors du bilan fiscal.
Quelques véhicules passent tout de même le cap : BMW 530 e iPerformance, Hyundai Ioniq PHEV, Kia Niro PHEV, Mercedes E300 E Estate, Mitsubishi Outlander PHEV, ou encore Volvo S60 T8 et T60. Selon l’équipement, leur taux de déduction reste solide, au moins 98 %, pour des budgets allant de 34 000 à 166 000 euros.
Mobilité partagée, une alternative à explorer
Cambio, Poppy, Drivy by Getaround… À Bruxelles et dans de nombreuses grandes villes belges, les solutions de mobilité partagée changent la donne pour bon nombre de travailleurs indépendants ou entreprises. Mais fiscalement, rien n’est simplifié. Comme l’explique Hassan Ayed, expert-comptable, c’est le régime général qui s’impose pour ces formules : « La location de type Cambio est partiellement déductible, à condition de pouvoir prouver que le déplacement était strictement professionnel. La moindre confusion avec un détour personnel, et l’administration fiscale peut refuser la déduction. » Inutile d’espérer faire passer le voyage des enfants à l’école pour une réunion !
S’attaquer à la question de la déductibilité, qu’on pratique l’autopartage, les transports en commun ou les solutions plus classiques, suppose aussi de fournir tous les justificatifs nécessaires. Aucun écart ne passe entre les mailles du filet administratif. Utiliser des outils numériques dédiés pour centraliser les factures et suivre chaque dépense permet d’éviter les oublis et les erreurs de déclaration, que ce soit pour la TVA ou l’impôt sur les sociétés.
Avant de vous engager dans un achat ou de céder à la tentation de la flexibilité partagée, analysez chaque détail. Le poids fiscal d’un seul trajet peut faire toute la différence sur vos comptes. La prochaine fois que vous saisirez les clés, posez-vous la question : ce trajet, côté déduction, est-il vraiment gagnant ?

